Fraisage de filet ou taraudage : c'est souvent le trou qui décide
Le taraudage est plus rapide par trou, et le restera. Cela cesse de compter dès que le trou est coûteux, borgne, trempé ou à paroi mince.
Pour un M8 débouchant dans de l'acier doux sur une machine rigide, le taraud gagne largement en temps de cycle. Les cas intéressants sont ceux où le temps de cycle n'est plus la contrainte.
Quatre situations où le fraisage l'emporte
- La pièce est presque terminée. Un taraud cassé reste dans la pièce ; une fraise à fileter cassée ressort avec l'attachement.
- Le trou est borgne avec peu de dégagement. La fraise atteint la pleine profondeur avec un filet propre et sans risque de talonnage.
- La matière dépasse 45 HRC : le taraud n'y a pas de durée de vie réaliste, la fraise carbure si.
- La paroi est mince. Le fraisage applique une fraction des efforts radiaux et axiaux, l'alésage reste rond.
Ce que coûte le fraisage
Le temps de cycle, surtout : une interpolation hélicoïdale prend deux à quatre fois plus longtemps qu'un cycle de taraudage sur petits filets. Elle exige aussi une machine à véritable précision d'interpolation circulaire, car tout jeu se traduit directement en erreur de profil. Sur une machine ancienne avec du jeu mesurable, le taraud produira un meilleur filet.
Le taraud par déformation, souvent oublié
Lorsque la matière est assez ductile — aluminium, acier bas carbone, inox austénitique en dessous d'environ 800 N/mm² — un taraud par déformation ne produit aucun copeau et laisse un filet à surface écrouie, mesurablement plus résistant qu'un filet coupé. En trou borgne, il supprime totalement le problème d'évacuation. Il exige un avant-trou plus grand et plus précis : précisément le détail oublié quand on change l'outil sans changer le foret.
Choisissez selon le coût du trou, pas celui de l'outil. Sur une pièce ayant déjà quatre heures d'usinage, l'opération de filetage est une assurance.


